21 mai 1940 et au-delà

« Le commandant monte au bloc d’entrée pour parlementer. Quand nous fumes certains qu’il était sorti, je fis signe à Maurice. Il avait trouvé dans le couloir une masse abandonnée par le génie il me la passa et d’un coup, à l’horizontale au raz des tables, je fis voler en éclats les trente clefs de commande. Après deux coups frappés à la verticale sur le dessus du central, j’aperçus ma montre qui pendait toujours à l’avant de celui-ci. Je la récupérai et passai l’outil à mon compagnon, pour continuer la démolition. Pendant ce temps, je sectionnai dans les boîtes têtes de câble venant de l’extérieur tous les conducteurs au raz de la masse isolante. Les schémas, plans et documents avaient été réduits à l’état de confettis. Les Allemands descendaient les escaliers et Maurice frappait toujours, Biémar et Moor nous criaient : « Vous au allez nous faire fusiller », Bomboire souriait. Je dis stop. Le central n’était plus qu’un tas de ferraille et de bois. Nous avons alors rassemblé quelques effets personnels, du linge et chaussettes sales, quelques biscuits. J’ai retiré le film du Kodak, j’ai écrasé l’appareil, plié le canon de ma carabine 22 long rifle, mis ma veste, mon manteau, pris mon arme et avec mon équipe, nous avons abandonné le local. Il valait mieux être sortis avant que l’ennemi ne constate les dégâts. ».

Joseph (Rion), 22 ans en 1940 (Visé) – Fort d’Aubin-Neufchâteau
Extrait du témoignage de Joseph Rion, Collection privée. Non édité pour le moment.

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