Le cadre géographique de la Basse-Meuse

Concomitamment à nos recherches sur la Résistance locale, Lucien Vanstipelen, curé à la retraite de l’Unité pastorale de la vallée du Geer, après avoir reçu de précieux documents de M. Tilkin, chef de la résistance à Wonck, il y a près de 2 ans, se lança dans une recherche sur la Résistance dans la vallée du Geer et l’entité de Bassenge, soit Glons et Boirs à l’époque en Province de Liège et Roclenge, Bassenge, Wonck et Eben-Emael, à l’époque, villages du Limbourg belge.Nous avons donc, en accord avec lui, étudié les résistants qui habitaient les 6 autres entités de cette région que les habitants appellent Basse-Meuse, zone en aval de Liège et de son agglomération (Bressoux, Jupille et Wandre e.a.) limitée par la frontière des Pays-Bas.
Sur la rive gauche, l’entité de Herstal (Herstal, Liers, Milmort, Vottem), la plus riche en événements « résistants » car l’industrie métallurgique, aux mains des Allemands regorgeait de patriotes, prêts à en découdre, comme ceux de la Fabrique Nationale (Pierre Baré† explique à satiété la vie de cette usine aux mains des Allemands), des Ets Pieper, des Constructions électriques belges, sans oublier des multiples ateliers (comme les Ets Deprez). De plus, dans les infrastructures qu’il s’agissait de réduire au silence pour entraver l’occupant fi guraient la ligne ferroviaire Liège-Herstal-Tongres-Hasselt, des pylônes électriques reliés à la centrale de Bressoux, le canal Albert et l’île Monsin, la Meuse et ses ponts, sans oublier les routes venant de Bruxelles et menant à l’Allemagne. Les écoles dont l’Athénée furent aussi des foyers de résistance. De nombreux collaborateurs vivaient aussi dans cette localité industrieuse. Le parti communiste, axe central du F.I. y recruta maints activistes. Les services publics (comme dans les autres communes) avec l’administration communale, la police, la gendarmerie, les pompiers furent aussi des foyers de résistance. Sans oublier le réseau « L-V » ou « Lucien-Victor » (« Franck-Deprez-Donkers ») qui permit l’évacuation vers des zones plus calmes de pilotes, d’évadés des prisons allemandes.
Le grand Oupeye (Haccourt, Hermalle-sous-Argenteau, Hermée, Heure-le-Romain, Houtain-Saint-Siméon, Oupeye, Vivegnis) était moins dense en industries que dans les années 60 et la création des zonings, encore fort rural avec un point fort, Haccourt. Tous les réseaux de résistance s’y retrouvent. L’infrastructure est constituée par des routes et le canal Albert. Comme par ailleurs, y habitaient des personnes qui ont cru en l’occupant. Les représailles sont moins graves qu’à Herstal.

Sur les 2 rives de la Meuse, l’actuelle entité de Visé comporte 2 villages sur la rive gauche, Lixhe – dont la résistance est en accointance surtout avec Haccourt – et Lanaye (à la fois tourné vers la vallée du Geer mais aussi vers Visé). Cette dernière commune, dépendant à l’époque de la province belge du Limbourg, riveraine du canal Albert, de la Meuse et du carrefour fl uvial que constituent les 2 premières écluses de Lanaye et l’étroite tranchée de Caster, à quelques encablures du fort d’Eben-Emael.

Visé est aussi un carrefour important et pour les Allemands, fut une ville qu’ils « martyrisèrent – ou punirent c’est selon – en août 1914 ». Les écoles furent des asiles pour enfants juifs e.a. Pas de grandes industries mais une vie de petits commerçants. Le point le plus sensible tant pour l’occupant que pour la Résistance armée, d’espionnage et de mise à l’abri était la gare-frontière de Visé, à la jonction de la ligne Anvers-Tongres-Aix avec le pont dit des Allemands et la ligne Liège-Visé-Maestricht. Tant les sabotages au sol que les bombardements ponctuèrent la vie des Visétois. Cheratte plus au sud avec son charbonnage réquisitionné par les Allemands ou Argenteau et Richelle, plus boisés, avaient aussi leurs résistants.

Complètement sur la rive droite, côté Pays de Herve, l’entité de Fourons (d’ouest en est, Mouland, Fouron-le-Comte, Fouron-Saint-Martin, Fouron Saint-Pierre, Remersdael et Teuven) à l’époque toujours liégeoise, est fortement boisée et sa localisation est sur le couloir aérien des raids d’avions vers le Reich allemand. La FLAK y est fortement installée. La ligne ferroviaire Tongres-Aix y passe aussi avec des infrastructures importantes (tunnels et tranchées). Les lignes d’évasion (comme le réseau « Clarence ») y sont actifs. Les bois servent souvent de refuge aux réfractaires et aux résistants.
L’entité de Dalhem (Berneau, Bombaye, Dalhem, Feneur, Mortroux, Saint-André, Warsage), très rurale, n’a pas connu de grands événements même si un réseau local y fut démantelé. Y-eut-il plus qu’ailleurs des dénonciations ? Les villes étaient plus « enclines » à ce type de comportement entre voisins. Quant aux fermiers, comme partout, certains à l’issue du conflit furent beaucoup plus riches, – marché noir le plus souvent – d’autres aidèrent spontanément ou un peu forcés la Résistance, surtout après la cache des réfractaires.
L’entité de Blegny (Saive, Saint-Remy, Mortier, Trembleur = Blegny, Housse, Barchon) est à classer aussi dans cette catégorie de communes à l’époque très rurales, à l’exception du charbonnage de Trembleur, aux mains de l’occupant. L’A.S. y est bien représentée. Ces deux communes sont aussi sur le chemin de l’Allemagne et il y eut quelques incidents lors de la Libération, par la 30e division d’infanterie (largement évoquée dans Bm ) .

 

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